Lire un rapport de distributeur
Des milliers de lignes, des colonnes aux noms obscurs, un total à retrouver : voici comment lire le rapport de ventes de votre distributeur, et ce qu'il faut vérifier avant d'en tirer les relevés de vos artistes.
Les noms de colonnes changent d'un distributeur à l'autre, et parfois d'une année à l'autre : ce guide décrit ce qu'on y trouve en général, pas un format précis.

Le rapport
Ce que votre distributeur vous envoie
Votre distributeur place votre musique sur les plateformes de streaming et de téléchargement, encaisse ce que vos titres rapportent, garde sa part et vous reverse le reste. Avec ce paiement, il vous envoie un rapport de ventes : le détail, ligne par ligne, de ce que chaque titre a rapporté.
Ce rapport arrive chaque mois, ou moins souvent selon votre contrat de distribution. Il compte en général une ligne par titre, par plateforme, par pays et par mois : même pour un petit catalogue, cela fait vite des milliers de lignes.
C'est la matière première de vos relevés de royalties. Chaque euro versé à un artiste doit pouvoir se retrouver dans ces lignes : en France, si l'artiste le demande, vous devez fournir à l'expert-comptable qu'il mandate de quoi prouver l'exactitude de vos comptes.
Le fichier
CSV, Excel, ZIP : les formats
Selon le distributeur, le rapport arrive en CSV, en TSV, en fichier Excel, ou compressé dans une archive ZIP, parfois avec d'autres documents, comme un récapitulatif en PDF. Un CSV est du texte brut : une ligne par vente, des colonnes séparées par des virgules ou des points-virgules. Un TSV, c'est la même chose avec des tabulations.
Le même contenu peut s'écrire de plusieurs façons : une virgule ou un point pour les décimales, des dates en jour/mois ou en mois/jour, quelques lignes de présentation avant le tableau lui-même. Rien de grave, tant qu'on le sait avant de lire les chiffres.
Un conseil : gardez toujours le fichier tel que le distributeur l'a envoyé. Ouvrir un CSV dans un tableur puis l'enregistrer peut l'abîmer sans prévenir : les zéros en tête d'un code disparaissent, les longs nombres passent en notation scientifique, et un code-barres devient inutilisable.
- Gardez toujours l'original
- Repérez le séparateur décimal
- Ne réenregistrez pas le CSV d'origine

Une ligne
Ce que contient une ligne
Les noms des colonnes varient, mais une ligne répond en général à quatre questions : où, quand, quoi et combien.
Où
La plateforme ou la boutique qui a vendu ou diffusé le titre, et le pays de la vente, parfois sous la forme d'un code à deux lettres (FR pour la France).
Quand
Deux dates à ne pas confondre : le mois de la vente ou de l'écoute, et le mois du rapport qui la déclare. Les ventes arrivent avec un décalage : une écoute de mars peut n'apparaître que dans un rapport de mai.
Quoi
Le titre et la sortie, avec leurs codes. L'ISRC identifie un enregistrement ; l'UPC, ou l'EAN, identifie une sortie entière (un single, un EP, un album). Ces codes sont plus sûrs que les titres, qui s'écrivent de plusieurs façons.
Combien
Une quantité (écoutes, téléchargements, disques vendus) et des montants : selon le rapport, un montant brut, la commission du distributeur et un montant net, chacun dans sa devise.

Les montants
Brut, net, devise : quel montant compte
Le montant brut est ce que la plateforme a payé pour vos titres. Le distributeur en retire sa commission, et parfois d'autres frais ; ce qui reste est le montant net, celui que vous recevez.
Pour les royalties, c'est le contrat de l'artiste qui dit sur quelle base s'applique son taux. Le cas le plus simple, ce sont les recettes nettes, c'est-à-dire le montant net du rapport. Vérifiez donc quelle colonne vous prenez : un taux appliqué au brut au lieu du net fausse tout le relevé.
Regardez aussi la devise. Un rapport peut mêler des euros, des dollars et d'autres monnaies, ou donner un montant dans sa devise d'origine avec un taux de change. Additionner des devises différentes donne un total faux : chacune se traite à part, puis se convertit à un taux que vous notez.
Enfin, certaines lignes sont négatives : un retour, un remboursement, une correction. Elles se comptent comme les autres, en moins, et ne doivent pas être écartées.
Les totaux
Pourquoi les totaux doivent correspondre
Quand le rapport indique son propre total (une ligne de total, un récapitulatif, le montant du paiement), la somme des lignes que vous avez lues doit le retrouver, au centime près. C'est le moyen le plus simple de savoir que rien ne s'est perdu en route.
Un écart veut dire que des lignes ont été oubliées ou mal lues. Les causes possibles sont banales : un fichier coupé, une ligne de total comptée comme une vente, un nombre écrit à l'anglaise (1,234.56) lu à la française, où la virgule marque les décimales.
Faites donc deux contrôles : la somme des lignes contre le total du fichier, puis le total du fichier contre ce qui est vraiment arrivé sur votre compte bancaire. Tant que les deux ne tombent pas juste, mieux vaut n'envoyer aucun relevé.
- La somme des lignes retrouve le total du fichier
- Le total du fichier retrouve la somme reçue
- Un écart se comprend avant d'aller plus loin

Les pièges
Doublons et lignes hors période
Deux pièges discrets : les chiffres ont l'air justes, mais des ventes comptent deux fois, ou tombent dans la mauvaise période.
Le même fichier deux fois
Un rapport transféré par deux personnes, ou téléchargé deux fois, et ses ventes comptent en double. Avant d'ajouter un fichier à vos calculs, vérifiez qu'il n'y est pas déjà.
Un rapport corrigé
Un distributeur peut renvoyer un rapport corrigé pour des mois déjà déclarés. Le nouveau remplace l'ancien : il ne s'y ajoute pas.
Des mois qui se chevauchent
Un rapport mensuel et un récapitulatif sur plusieurs mois peuvent couvrir les mêmes ventes. Pour le calcul, n'en gardez qu'un.
Des lignes hors période
Un rapport reçu en juillet peut contenir des ventes de l'an dernier, déclarées en retard. Décidez une fois pour toutes si vous comptez au mois de la vente ou au mois du rapport (certains contrats le précisent), et tenez-vous-y : aucune ligne ne doit être oubliée, ni comptée deux fois.
Questions fréquentes
Une ligne ne correspond à aucun titre : que faire ?
Cherchez d'abord son ISRC dans votre catalogue : c'est le moyen le plus sûr de retrouver l'enregistrement. Si le code manque, le titre, l'artiste et l'UPC de la sortie aident. Une ligne rattachée à aucun titre ne peut être payée à personne : ne la laissez jamais de côté sans le savoir.
Une ligne sans ISRC, est-ce normal ?
Cela peut arriver pour la vente d'un album entier : la ligne porte alors l'UPC de la sortie, sans détail par titre. Si tous les titres de la sortie ont les mêmes ayants droit et le même taux, le calcul peut se faire au niveau de la sortie. Sinon, il faut répartir le montant entre les titres, et le dire sur le relevé.
Et avec deux distributeurs ?
Ce sont deux formats, deux calendriers et deux totaux à vérifier, chacun de son côté. L'ISRC fait le lien : en principe, un enregistrement garde le même code quel que soit le distributeur, ce qui permet de tout additionner par titre.
Faut-il garder les rapports après le relevé ?
Oui. Ce sont les justificatifs de vos relevés : si l'artiste le demande, c'est ce que vous montrerez à l'expert-comptable qu'il mandate. Gardez chaque fichier tel que vous l'avez reçu, avec le relevé qu'il a servi à calculer.
Avec Labelmate
Ce que fait Labelmate
Quand un rapport arrive par e-mail, Labelmate le repère et vous propose de l'importer ; vous pouvez aussi déposer le fichier vous-même. Il lit les fichiers CSV, TSV, Excel ou ZIP tels que le distributeur les envoie, et reconnaît le format à son contenu, pas à son extension : le séparateur, l'écriture des nombres, les colonnes.
Pour chaque distributeur, la correspondance des colonnes est enregistrée une fois : quelle colonne donne le pays, laquelle le montant net. Pendant l'accès anticipé, nous configurons le format de votre distributeur avec vous, à partir de l'un de vos vrais rapports.
Avant d'enregistrer, vous voyez ce que Labelmate a compris et le total qu'il a lu. Si les lignes ne retrouvent pas le total du fichier, rien n'est importé ; un fichier déjà importé est refusé, et un deuxième rapport du même distributeur pour les mêmes mois est signalé. Ensuite, chaque ligne d'un relevé renvoie aux lignes du rapport d'où elle vient.
- CSV, TSV, Excel et ZIP, lus tels quels
- Totaux de contrôle et doublons vérifiés
- Chaque ligne de relevé reliée à son rapport

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Photos Kindel Media, Anete Lusina, angello, RDNE Stock project, RDNE Stock project sur Pexels.